28.11.2008
La Seine-Saint-Denis en proie à la tourmente des taux d'intérêts !
Voici ce bel article du Parisien d'aujourd'hui :
"APRÈS la présentation mercredi de l’audit financier du cabinet Klopfer à la commission des finances du conseil général du 93, l’ancien président (PC), Hervé Bramy, et Jean-Jacques Karman, le président (PC) de la commission des finances, se sont expliqués, hier matin, lors d’une conférence de presse. Epinglés par ce rapport qui pronostique « une impasse financière et budgétaire à l’horizon 2009 » pour le département une séance extraordinaire du conseil est d’ailleurs prévue le 4 décembre à ce sujet , les deux communistes justifient leurs choix passés.
En cause, la dette de 800 millions d’euros de la Seine-Saint-Denis, composée à près de 97 % d’emprunts dits « toxiques » (à taux variables indexés parfois sur des valeurs peu fiables, comme l’inflation aux Etats-Unis, et rendues encore plus risquées par la crise actuelle) contractés par l’ancien exécutif du conseil général. Non seulement Jean-Jacques Karman nie ce pourcentage mais en plus il affirme que, « si c’était à refaire, nous procéderions de la même manière ».
« Sans cela, la fiscalité aurait augmenté »
« Je ne me suis pas enfermé dans mon bureau pour concocter un plan et jouer sur les marchés avec l’argent des contribuables ! enchaîne Hervé Bramy. La nature des emprunts était donnée lors des commissions permanentes où siègent la majorité et l’opposition. » L’ancien président reproche le « catastrophisme » de son successeur, le socialiste Claude Bartolone.
Hervé Bramy explique que ses choix d’opter pour des taux d’intérêts plus faibles mais variables auprès de la banque Dexia avaient permis à l’époque « d’économiser 30 millions d’euros sur dix ans pour le remboursement des emprunts et la dette a été réduite de 15 millions d’euros ». « Sans cela, la fiscalité aurait augmenté de quatre points », ajoute même Jean-Jacques Karman. « Aujourd’hui, il est encore possible de négocier pour obtenir des taux fixes, nous ne sommes pas pieds et poings liés, contrairement à ce qu’affirme Claude Bartolone », se défend Hervé Bramy. Pour lui, si fautif il y a, c’est… l’Etat, « qui n’a toujours pas compensé les 360 millions d’euros qu’il doit au département au titre de la décentralisation ».
Ces justifications ne convainquent guère Daniel Guiraud, vice-président (PS) du conseil général en charge des finances. « Certes, il y a toujours la possibilité de renégocier les taux mais le problème en Seine-Saint-Denis est vraiment grave dans le contexte de la crise boursière. Le rapport Klopfer nous a appris ainsi qu’un tiers de la dette est constitué de “swap” et de “snowball”, les crédits les plus dangereux », souligne l’élu. Avec ce type de crédits « extrêmement risqués », selon le rapport Klopfer, les taux d’intérêt peuvent ainsi se retrouver multipliés par cinq ou bien peuvent croître chaque année sans limite.
Cette situation, selon le socialiste, rend le département « vulnérable » dans un contexte où « le budget primitif 2009 sera très très difficile à équilibrer », conclut Daniel Guiraud."
Le Parisien du 28/11/08
Nous avions mené notre audit sur les finances de notre ville. Le grand argentier de la ville, en l'occurence l'ancien Maire, était conseillé par les mêmes banquiers... nous avons emprunté de l'argent dans toute l'Europe... qu'en est-il des conditions de prêt ? Devons-nous nous attendre à de pareilles surprises avec les finances locales ? Nous attendons les explications de Monsieur le Maire !
P.S. : Hervé Bramy est Conseiller Général du Blanc-Mesnil
14:22 Publié dans Finances locales | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : conseil général, pc, finances, emprunts, taux, blanc-mesnil
17.01.2008
Les passeurs d'ardoises
Cette affichette "Passeurs d'ardoises" placardée sur l'affiche des candidats communistes qui n'osent plus s'afficher en tant que tels, nous fait rire, mais rire jaune... en effet, ce slogan détourné résume à lui seul l'état déplorable des finances locales.
Vous retrouverez en lien tout d’abord le classement de l’endettement_des_villes de Seine-Saint- Denis en 2006. Pour mieux comprendre le tableau, retenez qu’il est présenté avec la dette par habitant (plus parlant qu’en masses globales), avec la moyenne des villes similaires sur le territoire national, le classement départemental au sein de chaque moyenne (ou strate) et enfin, l’écart entre la moyenne et la valeur de la commune. En exemple, vous lirez pour la ville du Blanc-Mesnil que : sa dette par habitant est de 1 625€, alors qu’en moyenne une ville équivalente a une dette par habitant de 1 088 € et qu’ainsi, Le Blanc-Mesnil a un endettement plus important de 50%, par rapport à la moyenne. Le Blanc-Mesnil est classée 10ème sur les 16 villes du 93 dans cette strate.
Alors forcément, quand on sait que l’endettement national par habitant est déjà de 19 000 €, le blanc-mesnilois porte en plus la dette de la commune à hauteur de 1625 €… et sans compter la dette départementale !
En effet, vous retrouverez le même genre de tableau, mais pour l'endettement_des_départements 2006 métropolitains. Et malheureusement, vous constaterez que la Seine Saint-Denis est bonne dernière avec ses 604 € par habitant, ce qui nous fait un cumul pour notre pauvre blanc-mesnilois de 21 229€.
Le 93 est en l’occurrence dernier car l’endettement par habitant est 2 fois 1/3 supérieur à la moyenne de sa strate départementale…
Le meilleur élève du département est Villemomble : la ville n’est quasiment plus endettée (50 € par habitant).
Toutefois, l’endettement n’est pas à regarder seul : il faut aussi considérer le Potentiel Fiscal. C’est en d’autres termes, le produit attendu de la fiscalité par habitant, leur richesse si vous voulez (ainsi que celle des entreprises de son territoire). En regardant cet autre tableau (potentiel_fiscal_des_villes_2006), vous découvrirez le potentiel de chaque habitant par ville et la richesse attendue de chacun : par exemple au Blanc-Mesnil, le potentiel par habitant théorique est de 945 € alors qu’en réalité le blanc-mesnilois détient un potentiel de 807 €, soit près 15% de moins. Si vous revenez au précédent tableau, vous vous rendez compte que Blanc-Mesnil est trop endetté de 50 % par rapport à la moyenne, alors que sa richesse est 15% moindre. Notre commune court un très grand risque avec sa gestion actuelle et notamment avec le relèvement des taux d'intérêts, le poids des intérêts de la dette risquent d'augmenter lourdement !
Enfin, pour vous donner une idée complète des finances et passifs de nos villes alentours, vous pouvez porter un regard sur l’investissement des villes (dépenses_d'équipement des villes - 2006).
Cela vous montre les villes qui auront investi ou pas sur les 5 derniers exercices. J’ai trouvé plus intéressant de faire ce tableau sur plusieurs années, car souvent un programme, une réalisation, une construction ne s’aborde que sur un temps plus long. Une école, un conservatoire, la réfection d’une route, c’est un projet sur trois-quatre ans. C’est pour cela que vous trouverez une colonne avec la moyenne des dépenses de fonctionnement, toujours par habitant et à côté, la moyenne de la strate. Ainsi au Blanc-Mesnil, c'est seulement 249 €/habitant/an contre 317 €/habitant/an pour les villes de même taille en moyenne soit 22% de moins que la moyenne nationale !
Ainsi, si l’on compare les trois tableaux de nos 40 villes, on voit que si certaines sont bien placées, d’autres cumulent tous les mauvais points : dette importante, peu de travaux pour développer la ville, potentiel fiscal par habitant peu avantageux.
Il ressort de ces tableaux, que Blanc Mesnil est une ville très endettée, au potentiel fiscal faible mais qui continue quand même à investir et à amplifier son passif. On dirait la Seine-Saint-Denis!
Le Maire, en charge des finances de la ville, a choisi la fuite en avant, sur 5 ans la dette par habitant est demaurée quasi stable mais entre temps le nombre d'habitants est passé de 46000 en 1999 à 52000 en 2008 soit une augmentation de 13% ce qui a permis de répartir sur un plus grand nombre de têtes le volume de la dette qui lui a augmenté.
Ces quelques ratios ne sont bien sûr que la surface des choses : une analyse plus fine prenant en compte la capacité d'autofinancement, les subventions obtenues, la D.G.F., l'annuité dégressive de la dette, etc permettrait de mieux appréhender les finances locales.
Ceci est donc une photo globale instantanée ; il faut regarder sur le long terme les qualités de gestionnaires et la vision politique des édiles pour les juger.
Mais au Blanc-Mesnil, nous avons eu 72 ans pour juger les communistes sur leurs capacités de gestionnaire et la photo n'est pas belle, comme pour celle de notre département.
Et quand on voit l'état du patrimoine municipale, une seule question se pose : où est passé l'argent de nos impôts ! Un seul réflexe s'impose : voter autrement !
12:35 Publié dans Finances locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dette, finances municipales, blanc-mesnil, budget, passeur d'avenir



