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11.02.2008

La direction du PS entend garder la maîtrise des alliances avec le MoDem

Après dijon, Grenoble et Tours, voilà Roubaix et Montpellier : la liste des villes où a été scellée une alliance entre socialistes et représentants du MoDem s'allonge. Des convergences qui, en pleine campagne des municipales, ne semblent guère faire débat au sein du PS, où les critiques sont formulées mezza voce. Jean-Luc Mélenchon juge "inquiétants" des accords qui témoignent, selon lui, "d'un électoralisme étroit et sans principes".

 

Pour autant, il admet que, "compte tenu de l'incohérence du MoDem", ces opérations consistent surtout à "dépouiller" les centristes. Quant au fabiusien Claude Bartolone, il s'étonne de voir le PS "tenir un discours très dur contre Sarkozy tout en choisissant des accords à la carte, en fonction des intérêts locaux". Une prise de position qui, persiflent ses adversaires, vise surtout à ne pas prêter le flanc aux critiques des communistes de Seine-Saint-Denis, au moment où il souhaite leur ravir la présidence du conseil général.

Selon la direction du PS, les rapprochements opérés dans ces villes se sont noués en toute clarté. Fruits "de ralliements individuels et non d'un accord de parti à parti", ils respectent les trois conditions fixées par le premier secrétaire pour inclure des personnalités extérieures ; se situer dans l'opposition, adhérer au projet municipal et accepter de cohabiter avec toutes les composantes d'union de la gauche.

Les socialistes dissidents qui, comme c'est le cas au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), fief de Marie-George Buffet, ont constitué une liste avec le MoDem contre le PCF, ont été exclus, fait-on valoir rue de Solferino.

Lors du deuxième tour, les rapprochements avec les centristes seront sans doute plus nombreux. A Paris, Bertrand Delanoë a préparé le terrain et fixé les règles.

Pourtant, certains responsables redoutent que, sentant la victoire possible, nombre de têtes de liste socialistes ne soient tentées localement de se lancer entre les deux tours dans des opérations incontrôlées de rapprochement avec le parti de François Bayrou et ne s'affranchissent des conditions posées au plan national.

"Au deuxième tour, le MoDem fera payer beaucoup plus cher son ralliement", prévient François Rebsamen, numéro deux du PS et maire sortant de Dijon qui a préféré "s'allier dans la clarté, dès le premier tour".

En revanche, François Hollande, qui n'a jamais caché son hostilité à l'égard du MoDem, ne croit pas au risque d'un mouvement incontrôlé de convergences socialo-centristes entre les deux tours. " Nous serons en position de force pour maîtriser le processus", considère le premier secrétaire. " Les choses sont assez simples, résume M. Hollande. Là où il dépassera les 10 %, le MoDem se maintiendra ; ailleurs, il se retirera en donnant les consignes qu'il voudra".

Quelle que soit l'issue des élections municipales, tous les dirigeants socialistes s'accordent à penser que les questions liées à l'apparition du MoDem - un parti qui fait plutôt le jeu du PS aux municipales mais lui pose un épineux problème à la présidentielle - imposent de mettre à profit le prochain congrès pour clarifier leur stratégie d'alliance. Celle-ci est remise en question par la prise d'autonomie des centristes mais aussi par l'effondrement des partenaires de gauche traditionnels.

"Le réalisme commande de ne pas négliger le MoDem, même si l'équation est complexe, mais le plus important est de savoir si nous serons capables d'apporter des réponses aux questions posées par les électeurs de M. Bayrou au premier tour de la présidentielle", assure Dominique Bertinotti, maire PS du IVe arrondissement de Paris.

 

LE MONDE | 11.02.08 | 14h08  •  Mis à jour le 11.02.08 | 14h51

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Conclusion, au Blanc-Mesnil, nous avons bien fait de constituer notre liste Modem indépendante. Cet article justifie en tous points notre stratégie de défendre notre programme et de le soumettre au choix des électeurs. Bien entendu, nous sommes heureux de ne pas cautionner le choix et l'aventure personnelle d'un membre du Modem qui a décidé de se ranger derrière des dissidents du PS et cela même sans avoir consulté les adhérents du Modem !

Commentaires

François Hollande (1er secrétaire du Parti Socialiste) était dimanche 20 janvier à 20h00, l’invité du journal télévisé de France 2. Il est revenu sur l’objectif du PS de faire des élections municipales, un test national : pour lui « un bulletin de vote socialiste pour les élections municipales est un avertissement qu’on lance au pouvoir et à Nicolas Sarkozy ».
Alors qu’un sondage récent1 mettait en évidence, que 79% des français porteront leur vote aux élections municipales « en pensant plutôt aux enjeux qui concernent leur ville » ; François Hollande dans son intention d’engager une campagne qu’il veut politiser, rejoint Nicolas Sarkozy (qui aujourd'hui s'en défend), François Fillon ou encore Patrick Devedjian qui bottent en touche les enjeux locaux des municipales.

Ces déclarations entrent en contradiction avec celle du Mouvement Démocrate pour qui, les seuls enjeux des élections municipales sont les préoccupations et les attentes de nos concitoyens. Aussi, nous ne ferons pas des élections municipales des questions de politique partisane, mais l’ambition de former une équipe de projets, composée de personnalités de sensibilités différentes, désireuses de se rassembler et d’unir leurs efforts au-delà des étiquettes.

S’agissant des accords avec le MoDem, là où Laurent Fabius a témoigné ses réserves à l’égard d'une telle entente, François Hollande a donné les conditions d’ouverture du PS aux formations autres que celles de gauche, qui relèvent ni-plus ni-moins de l’allégeance :
- « être d’accord sur le projet PS ;
- être d’accord avec les alliés du PS, qui sont la gauche ;
- être clairement dans l’opposition à Nicolas Sarkozy ».
Convenir d’un accord sur cette base -quelque soit la formation politique-, c’est accepter d’en être le faux-nez, et qu’en pareille circonstance, ce qui passerait pour un ralliement serait bien loin de prendre la forme d’un rassemblement. L’ouverture ne se résume pas à soutenir toutes les initiatives sans contribuer à porter nos valeurs dans l’élaboration d'un projet commun, mais au rassemblement basé sur un contrat de mandature avec des ensembles politiques prêts à travailler ensemble.

Enfin, considérer de s’inscrire dans un vote contestataire à l’égard du pouvoir, c’est mentir sur les enjeux des élections municipales. Nous avons défendu lors des élections législatives, l’idée d’être ni dans le soutien automatique, ni dans l’opposition systématique. Il convient d’être prudent face à la confusion que les uns et les autres entretiennent : si le « non » au référendum européen a sanctionné la politique de Jacques Chirac, il n’a pas réglé les difficultés rencontrées. Donnons aux élections municipales leurs sens.

Ce qu’il faut attendre d’un partenariat (que j’oppose ici au ralliement sans condition) pour les élections municipales, c’est que chacun des membres de l’équipe exerce pleinement ses prérogatives, soit engagé (ceci passe par la collégialité des prises de décision), disponible, constructif, et libre dans ses appréciations respectueuses du projet commun en toute indépendance partisane.

(1) sondage LH2 réalisé les 11 et 12 janvier auprès de 1 002 personnes, publié lundi 14 janvier dans Libération.

Ecrit par : Stéphane Robin | 12.02.2008

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